Standby

Vierge à 30 ans dans la société hypersexuelle / Confessions d'une enfant du siècle

04 mai 2010

Perspectives

Le jour de Noël s’égrène paisiblement, dans une retraite cotonneuse et feutrée, ponctuée de vœux téléphoniques mécaniquement souhaités par devoir familial. Aucun signe de Lui ne m’est parvenu depuis notre soirée qui commence déjà à s’éloigner, à devenir l’un de ces paysages rapetissant et s’estompant au fur et à mesure que l’avion prend de l’altitude, la voiture de la distance… Aucune petite pensée électronique qui comble l’absence et rappelle l’attachement, n’a égayé mes heures austères, mais ma sérénité demeure, solide et convaincue.

Son silence m’est familier. Je sais qu’il n’est pas synonyme d’indifférence ou de rejet mais avant tout d’orgueil (sans doute un peu blessé par le baiser refusé, ma main qui n’a pas voulu s’incurver dans la sienne…) et sa volonté enfantine de vouloir « me dominer », comme il m’en a fait l’aveu maladroitement. Un rôle que j’endosse volontiers, m’y sentant plus à l’aise, laissant plus d’espace à mon désir pour s’installer : être celle qui quémande –en sachant que l’autre y est réceptif-  sans être écrasée par le désir de l’autre. Un désir qui doit rester discret, suggéré plus que martelé, pour ne pas faire disparaître le mien.

Cela ne me gêne pas d’être la première à me manifester, à dire le manque, le goût de lui pendant cette soirée. Ce petit message qui déterminera la suite de notre histoire si fantomatique.
Sans marque physique prouvant l’intérêt, je n’ai que mes mots pour tenter de le convaincre. De le convaincre de quoi… ? N’ayant moi-même aucune certitude, je ne peux lui faire aucune promesse, mais seulement l'implorer de ne pas m’abandonner…

Alors j’ai façonné ces phrases émergées de la nébuleuse, du bric à brac de mes contradictions, qui disent sans dire. Ces phrases à l’encre sympathique qui se lisent entre les lignes. Un peu d’humour, un ton badin…
J’ai écrit ce message qui ne contenait pas les mots passionnés qu’il attendait et que j’aurais aimé écrire si j’avais pu les ressentir... J’ai écrit cette prière pour avoir encore une rallonge, des délais supplémentaires, ce précieux temps pour le connaître encore, me rapprocher, qu’il ne s’impatiente pas, qu’il ne se lasse pas. J’ai écrit cette prière pour que nos êtres puissent se lier plus profondément avant que nos corps ne les suivent éventuellement.

Quelques heures plus tard, son verdict flotte dans ma messagerie...
Un message détaché, posé -et pesé- presque professionnel… bien loin de ses empressements fiévreux de la veille…
Je suis une « fille pétillante et sympathique ».
Oui, on pourra se revoir pour prendre un verre, aller au ciné…
Mais… « il vaut mieux s'en tenir à des perspectives purement amicales »

(Sourire)

Posté par standby à 11:01 - Histoire d'une éducation sentimentale - Commentaires [9] - Permalien [#]

Commentaires

    Ouh le coup de la fille "sympas et pétillante"... ce prétexte bidon doit être inscrit dans le code génétique des mecs laches... the formule magique pour nous jeter sans nous froisser... rhaaa !!! tous les mêmes ! pfft !

    Posté par Mill ECA, 06 mai 2010 à 09:29
  • oui c'est assez typique et il l'a écrit pour se "venger" en quelque sorte mais pas pour me jeter...
    la suite arrive

    Posté par standby, 06 mai 2010 à 18:47
  • Tu l'auras tellement décortiquée, cette situation avec ce jeune homme... Oui, je crois savoir que tu en as besoin, c'est sûr.
    Mais ce n'est pas que cette situation là, en fait tu pase à la moulinette puis au tamis fin ces choses faisant irruption dans ta vie et qui bouscule ton désir et ta libido.
    Ce n'est pas une critique, c'est loin d'être négatif, c'est simplement un constat qui, je ne sais pourquoi, aujourd'hui, me saute au yeux, vient m'agripper le nez, me démange les doigts...

    Bref, je comprends que tu veuilles garder l'anonymat.

    Mais je ne trouve pas que ce blog soit morbide, il y a même trop de choses qui bougent, rien n'est mort ou immobile, tout est épinglé, observé, interprété, utilisé dans une analyse ou un simple récit...

    Bref, peut-être n'écriras tu jamais "j'ai baisé" ou ce genre de conclusion hâtive, peut-être l'écriture cristallise-t-elle un peu trop des élans qui seraient sans cela plus spontanés, mais je ne pense pas qu'elle les empêche.

    Euh, je crois que je répondais en partie à un commentaire d'Ells sur l'article précédent, désolée pour le désordre (c'est naturel chez moi)

    Bonne soirée Standby, et, aurais-je oublié de le dire ici, mots très soignés et très jolis, bien alignés

    Posté par Goodbye C., 06 mai 2010 à 18:55
  • Puis-je abuser et platement m'excuser pour les fautes d'inattention ?

    Merci

    Posté par Goodbye C., 06 mai 2010 à 18:58
  • (rires)
    eh oui ma chère Goodbye tu as vu juste, je suis très lente et longue à "assimiler", "ingérer" la vie en quelque sorte, j'ai besoin de beaucoup de temps, bp plus que la normale ou la moyenne dira-t-on.

    J'ai souvent l'impression que les gens emmagasinent des tas d'expériences très vite, sautent d'une chose à l'autre avec fluidité, se laissent porter par le courant des choses et oublient fort vite ce qui s'est passé hier, avant-hier, alors
    que j'ai besoin de me poser entre les "évènements" de ma vie aussi microscopiques soient-ils, de faire des pauses pour les goûter, en apprécier la saveur douce ou amère, les retourner de l'intérieur sous peine de me sentir mal à l'aise, déphasée quand les choses vont trop vite, de quelque nature que ce soit, qu'il s'agisse du travail, de mes relations, de "mes activités". J'aime m'imprégner des choses, entretenir le souvenir, avoir la sensation d'être allée au bout avant de passer à la suite.
    Je pense que cette attitude explique pas mal de choses sur ma nature et mon comportement dans la vie courante.
    Je ne sais pas pourquoi je suis comme ça, j'aurais aimé pouvoir "bouffer" la vie sans me poser de questions, ss avoir besoin de m'attarder sur les choses, les actes, les paroles mais...

    Tu as fort raison aussi sur cette "conclusion" que certains attendent peut-être à ce blog et qu'ils ne voient pas venir, pour ma part ce n'est pas cette conclusion que j'attends, il ny'aura pas de conclusion d'ailleurs (si ce n'est la mort à court, moyen ou long terme, qui peut prédire !), il y aura peut être
    du bonheur, un peu, je l'espère, mais ce ne sera pas d'avoir "baisé" en effet comme tu dis, ce n'est vraiment pas un but en soi pour moi (désolée si cela apparaît décevant)...

    Posté par standby, 07 mai 2010 à 09:40
  • Tout ça, c'est ce qui fait ton charme... Ce besoin de te retourner sur ce qui entre dans ta vie, une nécessité de dissection, d'éliminer une éventuelle possibilité de nuisance de l'élément présent, je trouve ça touchant.
    Je n'ai pas l'impression de vivre plus vite ou plus intensément que toi, d'après ce que j'ai pu saisir entre tes lignes. Car si je n'ai pas l'impression de décliner avec précision tout ce qui compose mes jours, j'ai quand même la preuve nette (depuis que je vais voir ma psychologue, en fait) que tout ce qui n'est pas clairement démêler fait toujours retour, revient en boucle dans mon discours, mes rêves ou mes actes manqués. Jusqu'à ce que je trouve la ficelle qui démêle un peu la pelote, le noeud reste, et la chose revient, au "fil" des mots, de mes pensées ainsi facilitées.
    Enfin bref, je pense qu'à notre manière, tous, par la sublimation sous toute ses formes (écriture, peinture, musique, sport, rêves ou raves, danse et boîtes...), nous déchiffrons notre vie, si étrange parfois, pour mieux pouvoir continuer d'avancer.

    Et des déceptions, par blog interposés, bof bof... Cependant il est vrai que pas mal de tes lecteurs semblent vraiment "investis", presque à tes côtés, dans cette vie que tu racontes.
    Des fois ce que je lis (mais peut-être que j'écris, somme toute, la même chose, je n'aurais pas la prétention de m'exclure du lot d'emblée) me parait assez hallucinant. Comme commentaires, je veux dire.
    Après c'est pas du tout une critique ou une attaque de tes lecteurs, juste une remarque, toute personnelle et qui ne tient qu'à moi

    Et du coup, euh, la déception, pour moi... Ne t'en inquiète pas, il n'y en a point !

    Posté par Goodbye C., 09 mai 2010 à 01:14
  • "déchiffrer ma vie", j'aime bien ton expression, je la garde !

    concernant les commentaires, je ne sais pas exactement de quelle déception tu parles mais je crois que c'est normal que chacun juge avec sa propre perception des choses, de la vie. Il est vrai qu'au regard des critères sociaux usuels ma vie et mes réactions peuvent paraître bien étranges et dérouter...

    allez j'essaie de travailler un peu sur la suite de mon texte, j'aimerais réussir à boucler au moins la 1epartie de cette "relation" afin de pouvoir placer quelques autres réflexions qui me tiennent à coeur !

    bon we !

    Posté par standby, 09 mai 2010 à 13:55
  • Je te la donne

    Et j'attends la suite ! Bon week-end si tu fais le pont

    Posté par Goodbye C., 12 mai 2010 à 19:49
  • Le temps passe, les mois se suivent une année chasse l'autre... l'écriture est toujours aussi belle, des mots qui virevoltent d'une rencontre à l'autre... et aussi toujours et toujours cette presque solitude lorsque le point de suspension devient final.
    Et pourtant... je ne peux m'empêcher de penser que quelque chose et possible, là... tout proche... Tant de douceur... d'espoirs de rêves et de fantasmes... Ne serait-ce pour rien ?! Le paradoxe ne peut exister, lorsqu'il s'agit des sentiments les plus profonds...

    Posté par Dyad, 13 mai 2010 à 13:55

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