Standby

Vierge à 30 ans dans la société hypersexuelle / Confessions d'une enfant du siècle

24 avril 2010

« Love is a process, not an event » (3)

En dépit des apparences pitoyables, je me sens donc bien dans mon cocon familier.
Loin de ces traditions réglementaires que j’ai décidé de ne plus m’infliger. En état de flottement peuplé de réminiscences de son visage, sa voix, ses regards, sourires, attitudes…,, je suis ailleurs, entièrement habitée, bercée par ces doux souvenirs si réconfortants et apaisants. Ils sont le feu auprès duquel je me réchaufferai contre l’adversité, l’hostilité et les grimaces effrayantes de la réalité.

Pourtant je me sens rassasiée de lui... Et la seule envie qui me taraude désormais n'est pas de le revoir au plus vite ou de l'appeler mais de… travailler. M’adonner avec ardeur à la tâche, ce que je maîtrise, cette glaise qui veut bien m’obéir, prendre la forme que je souhaite lui donner. Profiter de l’accalmie, de cette pause dans le monde des humains, pour me concentrer, planifier, produire et développer. Mon plus fidèle et puissant remède contre les fumées toxiques de l’angoisse ou  de l’ennui.  La potion qui me (re)donne un peu d’adhérence, de goût à la vie, d’équilibre après le chahut du dehors.

Galvanisée et l'esprit luminescent, miroitant, je ne souhaite rien d’autre en cet instant.
Un enthousiasme teinté d’un peu d’effroi en réalisant qu’une fois de plus rien ne réussit à me détourner de cet éternel refuge aussi bienfaisant qu'aliénant. Ne puis-je m’épanouir que par les créations et mécanismes autarciques de mon esprit ? N’y-a-t-il rien d’autre qui puisse m’apporter plaisir et  satisfaction, me passionner autant ? N’y-a-t-il rien ni personne qui puisse m’en éloigner ?

C’est toujours dans la solitude, aussi glaciale soit-elle, que je touche à la plus grande plénitude, celle d’être complètement en phase avec mes aspirations, et non pas hérissée, froissée, abîmée par des voix discordantes, toutes ces collisions extérieures. Le contact aux autres s'avère toujours, plus ou moins, comme une dépossession de mon être, un dépouillement insidieux et douloureux. Il me faut ensuite du temps pour me ressourcer, me reconstituer avant de pouvoir de nouveau le subir, même s’il m’est aussi paradoxalement indispensable. 

Je cherche inlassablement ce ou ces visages qui seront un écho consolidant à ma propre nature, qui me donneront l’impression de m’enrichir et non de me détruire. Je ne crois définitivement pas à ce principe d'attraction des opposés, à moins d’une opposition symétrique comme celle du reflet d’un miroir.  Une correspondance, une reconnaissance de l’Autre comme partie de soi, résonnante ou complémentaire, en harmonie.

Avec Lui, je me sens encore en lutte, nos points de convergence tâtonnent et hésitent à s’assembler. Mais ils sont là, bel et bien là, et c’est ce qui entretient mon espoir qu’il pourrait être celui avec qui…  Même s’il faudra encore du temps, d’exploration, d’apprivoisement, d’appropriation intérieure et extérieure, de distances qui s’amenuiseront progressivement…
J'ai besoin de son absence pour le retrouver, d'une abstraction, mais c'est probablement aussi qu'il n'exerce pas encore une force d'attraction suffisante.
L’amour n’est pas (toujours) un instant de foudroiement, une révélation subite, comme les histoires nous le font croire mais plus souvent un processus aboutissant à…

Posté par standby à 12:30 - Histoire d'une éducation sentimentale - Commentaires [10] - Permalien [#]

Commentaires

    J'hésite quand à être en accord avec le message du titre que tu donnes à ton article.
    D'ailleurs, je me demande : tu racontes encore ce rendez-vous de décembre, mais les sentiments que tu décris, sont ils ceux que tu avais ressentis à l'époque et que tu retranscris tels quels, ou bien ceux de l'époque qui ont évolué et cheminé en toi, et que tu retraduis avec tes mots de maintenant ?

    Posté par Goodbye C., 26 avril 2010 à 22:23
  • c'est bien ce que j'ai ressenti à l'époque (consigné sur cahier pr preuve écrite
    et ce que je continue de penser... quel est ton sentiment sur le sujet ?
    bonne soirée !

    Posté par standby, 28 avril 2010 à 20:00
  • Mon sentiment est très distancié... Peut-être un peu trop, excuses m'en à l'avance

    Le travail, l'écriture, etc. ; je veux dire, l'accomplissement et la création sous toutes leurs formes sont des manières de détourner nos pulsions primitives (pour pulsion, entendre élan de la vie interne) telles que l'attirance, la colère, la frustration par exemple, en en faisant les choses plus élaborées. De la sublimation, en somme.
    Je trouve donc intéressant ce que tu dis au début du texte, par rapport à ton travail.
    Et ton retard à l'écriture, cette impossibilité là témoigne pour moi d'un petit désinvestissement de ton activité créatrice... Au profit de devines qui ?

    Voilà, c'est très subjectif et d'autant plus faussé que je n'ai que peu d'éléments, en fait. Je le précise donc, ceci ne se prétend pas être une analyse de quoi que ce soit. Juste un point de vue très subjectivé (puisque tu m'as demandé mon "sentiment .

    Puisse-t-il néanmoins titiller ton intérêt :p

    Bonne soirée Standby !

    Posté par Goodbye C., 29 avril 2010 à 19:06
  • ...

    C'est rigolo cette endroit - ton blog- . Le temps ne s'y écoule pas, les problèmes restent les même inchangés.
    J'ai mes concours dans moins de vingt quatre heure . Et pourtant je passe tout doucement ici, contemplant, l'immuable . Même si à chaque passage, j'espère : une annonce aussi provocante que brutal; j'ai baisé, j'arrête ce blog, j'ai plus le temps je vais dominer le monde, je n'ai plus aucun désir car je veux me repentir de ce que j'ai voulu faire, je vais faire une retraite nul part .

    Mais non ici est un lieu de symétrie, de calme et de mort .

    avril 2010 ... mon premier passage devait daté de avril 2008 ... mais le blog aurait mérité d'avoir une existence plus tôt, longue et infini .
    Bises .

    Posté par Ells, 02 mai 2010 à 10:15
  • oui Ells, tu as probablement bien analysé la situation je crois que c'est d'ailleurs la raison pr laquelle j'ai débuté ce blog parce que j'avais compris à 30 ans, que mon cas était "désespéré".
    à l'époque en revanche j'ignorais qu'il y avait un autre facteur en jeu, ma tendance asexuelle.

    Goodbye, je pensais que c'était la phrase sur l'amour comme processus qui t'avait interpellé.
    pr l'instant mon travail reste quelque chose de prioritaire parce que je n'ai pas trouvé qqn qui m'intéresse suffisamment, au risque de passer pr très prétentieuse même si ce n'en est nullement mais un simple constat.

    Si j'écris moins, c'est que j'ai beaucoup de préoccupations en ce moment d'ordre familiale et judiciaire (on se rend compte que les états d'âme disparaissent assez vite lorsque l'on est confrontées à des épreuves autrement plus graves... ce qui permet de bp relativier, voyons le côté positif de la situation !)
    J'essaie néanmoins de continuer mon récit, je vois toujours cette personne alors à suivre...

    bon dimanche à vous !

    Posté par standby, 02 mai 2010 à 12:02
  • Concernant le titre... Car "le sujet" que tu évoquais me semblait recouvrir l'article entier, mais bref.

    Le titre, donc.
    "Love is a process, not an event"
    J'hésitais à être d'accord car je pense que l'amour tient des deux : c'est à la fois un évènement : cette personne, pas une autre, à ce moment, dans tel contexte, parce que les choses sont telles qu'elles sont... Et qu'il n'y aurait peut-être pas eu le déclic sans tout ça. Pour moi cela revêt donc aussi l'apparence d'un évènement, à un instant T, instant où des choses s'enclenchent et sont prêtes à évoluer dans n'importe quel sens (après, cela dépend des protagonistes bien sûr !).

    Mais c'est aussi un processus car c'est une évolution, donc, à partir de l'instant déclic, et que les personnes auront à jouer leurs rôles, faire des choix, aimer ou pas...

    Je n'oppose pas ces deux termes, je considère même que l'évènement amoureux fait parti du processus amoureux global. Cependant il n'y a pas de processus, sinon avorté, sans évènement.

    Voilà, ceci dit, je n'y connais rien.

    Cela répond mieux à ta question ?

    Bon dimanche

    Posté par Goodbye C., 02 mai 2010 à 14:25
  • "à l'époque en revanche j'ignorais qu'il y avait un autre facteur en jeu, ma tendance asexuelle."

    Standby, cela fait plusieurs fois que vous parlez de cette tendance qui serait la votre.

    J'ai peine à croire que celle qui décrit fort bien et si généreusement une de ces masturbations matinales enchanteresse, se trouve d'une quelconque façon confrontée à l'absence d'envie sexuelle. Aussi, j'ai quelque mal à croire que l'asexualité ait à voir avec une question d'époque ou de période.

    http://standby2.canalblog.com/archives/2008/01/20/7631113.html#comments

    Bien à vous

    Posté par montag, 02 mai 2010 à 15:31
  • oui merci Goodbye, ça répond parfaitement bien, ton analyse est très pertinente. mais en ce qui me concerne j'aurais tendance à dire qu'il y a un intérêt qui s'éveille à l'instant T où l'on rencontre une personne pouvant nous plaire mais qu'ensuite tout reste à faire pr que ce 1e intérêt se transforme en amour à proprement parler et en relation.

    oui Montag, (je voulais supprimer ce billet justement !), c'est vrai que plus jeune et jusqu'à il y a encore 2 ans, je pratiquais à l'occasion le plaisir solitaire (plus du tout maintenant), mais comme j'ai pu l'apprendre récemment l'asexualité concerne le non désir sexuel envers autrui (n'empêchant pas le premier). et donc je m'inscris vraiment bien dans cette approche comme j'ai pu le constater au fur et à mesure de mon introspection sur ce blog.
    Je vous conseille un forum sur le sujet qui m'a bp éclairé : http://www.forum-asexuel.fr/

    Posté par standby, 03 mai 2010 à 13:35
  • Dans ce cas, pourquoi vouloir supprimer un billet d’une si touchante honnêteté ? N’est-ce pas là rejeter le plaisir pris, considéré par vous comme n’étant plus à prendre, car mort… Pire encore, en éliminant ces propos devenus encombrants, n’est-ce pas la meilleure manière de nier la sexualité et mieux embrasser ainsi, l’autre, l’asexualité intervenant bien à point car vous évitant d’appréhender le possible, vous condamnant à tout jamais à l’absence d’expression charnelle et vous confinant dans l’idée de la non-existence de désir (envers autrui dites-vous, à voir). Asexualité, voilà enfin un mot à apposer sur vos maux, comme un sceau inébranlable et justicier. L’asexualité vous offre là l’occasion « d’avoir le droit » de ne pas connaître ce qui peut-être vous terrorise autant qu’il vous attire, et d’en éluder toute difficulté, car enfin vous en connaitriez la raison. Mais le corps à peut-être ses raisons que la raison ignore, et peut-être aussi se permettra-t’il de vous le faire savoir, à l’occasion, c’est là tout ce que je vous souhaite. Par ailleurs, si vous deviez supprimer tout billet faisant allusion de près ou de loin au désir sexuel de l’autre, votre blog ne serait-il pas amputé d’au moins deux tiers de son contenu ?

    Mais je me trompe peut-être sur toute la ligne…

    Bien à vous,

    Posté par montag, 04 mai 2010 à 19:30
  • en fait j'ai voulu le supprimer car je le trouvais sans aucun intérêt d'écriture...
    je ne renie pas avoir pratiqué le plaisir solitaire, seulement j'ai appris au fil de ce blog ce qu'était l'asexualité et m'y suis reconnue.
    en lisant le forum que j'ai indiqué et en le comparant à mon blog tu verras bon nombre de similitudes. En cela, l'écriture de ce blog m'aura été bénéfique car j'ai longtemps culpabilisé de cette absence de désir récurrente...

    Posté par standby, 05 mai 2010 à 11:54

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