Standby

Vierge à 30 ans dans la société hypersexuelle / Confessions d'une enfant du siècle

14 avril 2010

« Love is a process, not an event » (1)

Retour, seule, dans mon appartement, ma chambre, le lit encore jonché de toutes les robes, collants, pulls essayés et rejetés pour ce grand évènement, ce sommet, qui n’en a pas été un… 
La tentation pascalienne qui me reprend : m’enfermer, m’emmurer dans ce logis, mon univers, mon refuge, protégée, à l’abri.  Une sensation de vide et de trop-plein à la fois. La déception du désir encore une fois déserteur, la culpabilité de l’avoir déçu, frustré.  La non-conformité au schéma, au modèle, au dénouement attendu. L’évidence qui se refuse encore une fois à moi et me laisse désemparée, désorientée. Ce n’est pas la tristesse, juste un immense point d’interrogation et quelques points de suspension. Blank.

Que penser, que décider ?  De longues journées, soirées m’attendent pour déplier toutes ces impressions enchevêtrées, agglutinées les unes aux autres, ranger, classer et analyser tout ce fouillis de mots, rires, silences, images de lui… Tous ses remous, creux et vagues qu’il a imprimés en moi et que je n’arrive pas à interpréter, à comprendre.  Tout ce neuf, ce nouveau que je vais user jusqu'au dernier grain, au tamis de ma mémoire.
Sortir avec délectation de mon doggy bag tous ces mets que j’ai soigneusement emballés et les étudier… jusqu’à ce qu’une réponse émerge.

Il n’y a pas eu de révélation, de confirmation, seulement d’autres questions qui sont venues s’ajouter aux précédentes. Ma curiosité est toujours intacte et peut être encore avivée. J’ai envie de le connaître encore et toujours davantage, l'apprivoiser, m'approprier son être. Il m’intéresse. M’étonne.  Me captive peut-être. Me touche indéniablement. Mais il doit encore me nourrir, m’irriguer…, me fournir les combustibles indispensables.

C’est aussi une profonde sensation d’apaisement, de sérénité que je n’avais pas éprouvé depuis bien longtemps : quelqu’un existe pour moi dans la vaste ville froide et hostile. Quelqu’un qui pourrait presque faire partie de ma vie. Quelqu’un qui s’est suffisamment avancé, attardé pour que je puisse revendiquer un « droit » sur lui, ou au moins une légitimité même fragile. Je sais qu’il répondra à mon appel aussi fort répugne-t-il à reconnaître le moindre engagement, le moindre lien. Je sais qu’il pensera à moi, que j’ai ancré quelque chose en lui, à son corps défendant…

Et pourtant violente envie de retrouver mon univers, mon intérieur, mes repères, et non pas de le suivre, le retenir…  Pourquoi ? Sans doute déstabilisée par son ardeur subite après des mois d’indifférence, sa gentillesse, son désir brûlant… Trop. Une lumière aveuglante après ces ténèbres si coutumières.

Son invitation trop rapide à se revoir dés le surlendemain pour un cinéma…
Ces rendez-vous galants auxquels j’aspirais tant, que je jalousais dans les rues bruissantes d’appels et de messages de couples se rejoignant. Il fait cet effort du rituel, de la parade de séduction, des préliminaires courtois. Contre toute attente... Je me sens décontenancée de ce revirement si soudain, inconnu de mon "expérience" amoureuse.
Il me semble si malléable, à ma disposition. Etrange sensation de pouvoir sur lui, vulnérable et transi… Il m’attendrit… mais perd en force d’attraction.
J’ai besoin de laisser passer des franges de temps, mettre un peu de distance ;  non pas une distance qui éloigne mais au contraire rapproche, celle qui laisse le manque, l’envie revenir, s’aiguiser. Pouvoir l'aduler de nouveau, être sous son emprise plutôt que lui sous la mienne...
Je sais le risque que cela représente mais ne peux agir autrement, je ne peux pas me contraindre. Jamais…

(suite à venir…)

Posté par standby à 12:28 - Histoire d'une éducation sentimentale - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires

    Contente de te revoir écrire ici... Des choses un peu plus nuancées
    Tu as l'air mieux, et puis tes mots sonnent toujours bien... A bientôt pour la suite, alors !

    Posté par Goodbye C., 14 avril 2010 à 20:26
  • ...

    Et si tu t'étais fixé des règles de conservations tellement forte, de survie et de stabilité ( dérivé double ), que tu t'étais trouvé dans un puit de potentiel tellement fort .
    En quelque sort que le trou que tu as choisi et que tu as creusé pour ne pas tomber dans un autre, pire; t'empêche d'aller dans un meilleur trou .

    Posté par Ells, 16 avril 2010 à 21:51
  • bonjour, bonjour
    j'essaie de reprendre le fil de mon récit que j'écris malheureusement très lentement, donc l'état d'esprit décrit ci-dessus remonte à noel dernier... désolée de ne pas parvenir à écrire en temps réel.

    je ne sais pas si raconter dans le détail cette relation présente un quelconque intérêt mais je crois que je vais tout de même essayer de consigner tout ce que j'ai éprouvé quitte à faire le tri ensuite.

    Merci Ells de cette métaphore du "trou" !
    Il est certain que j'ai des freins et des difficultés exponentiels pour me lancer dans une quelconque relation quand bien même tout me serait favorable mais là il y avait honnêtement un manque de désir objectif pour les différentes raisons explicitées. J'aimerais pouvoir ne pas me poser de questions et me lancer sans réfléchir mais malheureusement je ne suis pas comme ça, je fais donc en fonction de ma nature, mon ressenti..., aussi pénibles soit-ils... Il me faut encore du temps, de l'attention, de la patience, je ne sais pas s'ils me seront accordés, on verra...

    J'essaie d'écrire la suite ce we...

    Posté par standby, 17 avril 2010 à 10:30

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